Le smartphone

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J’ai, depuis son invention, considéré le smartphone comme étant un objet vénéneux dans l’univers de l’électronique. Téléphone et nano-ordinateur à la fois, il remplit mal ses fonctions car elles sont beaucoup trop nombreuses. Ce petit rectangle recouvert d’un écran a la fâcheuse prétention d’être un chef d’orchestre dans le vacarme des villes, où tout le monde téléphone en même temps à une autre personne, dans une cacophonie dans laquelle plus personne ne sait qui parle à qui. Et dans ce déferlement de discours téléphoniques, d’innombrables informations visuelles s’affichent sur ces surfaces de verre trop étroites sur lesquelles les individus posent leur regard presque en louchant, tout en étant attirés par ce qu’ils y lisent. Le monde peut bien s’effondrer autour d’eux, cela reste sans importance et ils restent hypnotisés par la surface lumineuse de ces quelques centimètres carrés du plus grand concentré d’électronique que l’homme a inventé jusqu’à présent. Dans le monde de l’électronique, cette création est une verrue technologique sur le visage du progrès. Cette invention aurait pu en rester au stade simple et modeste d’un téléphone sans fil. Et telle une grenouille, elle s’est gonflée jusqu’à la prétention vaniteuse de pouvoir tout réaliser comme aucun objet ne l’avait fait auparavant. Ses fonctions sont de mois en mois toujours plus nombreuses, et il est bien difficile d’entrevoir à quel moment va se dresser la limite indépassable. C’est un peu le totem du 21e siècle que tous les hommes vénèrent comme dans les religions antiques. Le smartphone est aussi le nouveau sphinx qui donne l’orientation aux hommes dans les villes labyrinthiques. Sortir de son domicile sans son smartphone est devenu aussi dangereux que de s’aventurer dans une jungle peuplée d’animaux féroces. Nous pouvons nous passer provisoirement de presque tous les objets électroniques, sauf de ce smartphone qui est une sorte de trousse de survie sans laquelle notre existence semble être en danger. Notre crainte est si profonde que certains ont jusqu’à trois smartphones pour tenter de se rassurer qu’ils pourront faire face à tout danger potentiel, à tout imprévu dont les conséquences pourraient être d’une grande gravité. Sans notre smartphone, nous ressentons une sorte de peur ancestrale enfouie au plus profond de notre inconscient. Il veille à notre sécurité, tout en étant potentiellement la possibilité d’être relié à chaque instant et en n’importe quel lieu à tous les humains sur la planète, sans que nous en prenions clairement conscience. Je pense que je vais me procurer prochainement un autre smartphone. Car malheureusement, comme les milliards d’autres individus, je dépends de cet objet pour une multitude de choses à effectuer, et celui que j’utilise commence à dysfonctionner.

CC  BY SA - Serge Muscat - 2025 - https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.fr

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James Bond et la technologie

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Lorsque nous regardons les adaptations faites au cinéma des romans de James Bond écrits par Ian Fleming, le spectateur est souvent sous la fascination d’un déluge technologique. Ainsi lui sont montrés des gadgets à profusion et des hommes qui dominent le monde par l’intermédiaire de la technologie. Il y a en quelque sorte une bonne technologie, celle que possède James Bond, et une mauvaise technologie, celle qui sert à asservir l’humanité et dont s’empare le méchant combattu par James Bond. Il est à remarquer que l’objet de chaque mission entreprise par l’agent secret est d’empêcher l’appropriation par le méchant d’une nouvelle technologie qui, dans les mains de ce dernier, nuira à la société. Ainsi on comprend assez rapidement que la technologie en elle-même n’est pas forcément négative et porteuse de dystopie, et qu’elle dépend avant tout de l’utilisation qui en est faite par l’homme. Dans la plupart des technologies réalisées, rarement sont réellement pensées les utilisations et les conséquences qui sont engendrées par ces technologies. La quête de la nouveauté et de l’innovation pour l’innovation sont avant tout le moteur de celui qui innove, comme ceux qui font de l’art pour l’art avec le simple objectif de faire du nouveau. Ainsi dans les films de James Bond c’est le méchant qui révèle l’utilisation possible d’une technologie à laquelle son créateur n’avait pas pensé. L’utilisation faite par le méchant de la technologie est toujours détournée et différente de celle imaginée par son créateur. Par exemple les médias de masse sont utilisés pour diriger l’opinion de la planète, et non pour éclairer le citoyen. Ou alors un fanatique partisan de l’eugénisme veut utiliser certaines inventions pour faire disparaître une partie des hommes et ne conserver qu’un groupe d’élus qui, selon lui, sont les plus aptes à perpétuer une espèce humaine parfaite. Ainsi, sans être vraiment de la science-fiction, les James Bond questionnent le rôle et l’utilité de la techno-science dans la société. Et l’utilité de cette dernière est toujours positive entre les mains de James Bond, alors qu’elle est destructrice entre les mains de celui qui joue le rôle de méchant et qui incarne le mal. Bien utilisée, cette techno-science semble utile et capable de résoudre de nombreux problèmes tout en étant porteuse d’espoir. Contrairement aux films qui traitent de la dystopie, la techno-science est envisagée comme une sorte de fin ultime de l’humanité. Du reste les James Bond se terminent toujours avec une note d’espoir où l’amour et le bien triomphent sur le mal. Et ce bien est du côté de la technologie et de ceux qui la font. Nous retrouvons là l’utopie américaine, mais aussi de nos jours mondiale dans une certaine mesure, que la technologie va résoudre tous les problèmes de la condition humaine, et qu’elle va lui faire accéder à ce fameux bonheur dont tout le monde parle et dont personne ne sait exactement ce qu’il est, de quoi il est constitué. James Bond est donc une apologie de la techno-science, comme les transhumanistes voient en cette dernière le salut pour l’humanité. Quant à savoir ce à quoi serait confronté l’homme qui réussirait à devenir immortel par le biais de la technologie, c’est une question que ne semblent pas se poser les transhumanistes.

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Histoire des microprocesseurs et de ses défis

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photographie-du-premier-transistor

C’est en 1947 que fut inventé le premier transistor par les Laboratoires Bell. Personne ne se doutait encore que cette invention allait devenir capitale pour les progrès de l’informatique et le confort de notre vie quotidienne. Puis, de miniaturisation en miniaturisation, Intel crée en 1971 le premier microprocesseur, le 4004. C’est un microprocesseur de 4 bits qui permet le lancement des premiers micro-ordinateurs.

Très rapidement fut conçu un microprocesseur à 8 bits, le 8008, toujours par la société Intel, qui est au départ utilisé pour fabriquer des contrôleurs graphiques. Ce microprocesseur fut utilisé par la suite à un usage général. L’explosion de la micro-informatique est réalisée avec l’arrivée de deux microprocesseurs, le Z80 de Zilog et le 8080 de chez Intel. Avec le Z80 naissent les premiers ordinateurs grand public de marque Amstrad qui furent un véritable coup de tonnerre dans le monde de l’informatique individuelle. Pour la première fois, l’ordinateur entrait dans les foyers et pouvait être utilisé par toute la famille, et ceci à un prix abordable. Dès lors, l’informatique n’était plus réservée aux professionnels, et nombreux étaient ceux qui s’adonnaient à la programmation en langage BASIC durant les loisirs.

A partir de ce moment, l’ordinateur eut la même place que celle de la radio ou de la télévision. Ce fut le début de la numérisation généralisée de la société, avec ses joies et ses déboires. Dans la foulée, la société MOS Technologie fabriqua le processeur 6502 qui était utilisé par les Apple II, les Commodore PET et 64 ainsi que les consoles Atari. Ce processeur était très économique et possédait de bonnes performances par rapport à ses concurrents. Il permit en outre à Apple de prendre son essor dans le monde de la micro-informatique.

Peu après, chez Motorola sortit le processeur 68000 qui eut un franc succès puisqu’il équipait les premiers Macintosh ainsi que les Atari ST et les Commodore Amiga. Avec ces ordinateurs, le graphisme fit un pas de géant et la voie fut ouverte pour la PAO, la vidéo et le multimédia en général. Dans le même temps furent créées les premières images de synthèse et les premiers films d’animation en numérique. Suivirent alors les processeurs de la série x86 qui sont toujours aujourd’hui développés. Du monocœur nous sommes passés au multicœur, avec des capacités de calcul toujours plus élevées. Nous approchons cependant progressivement de la limite des technologies du silicium, et d’autres matériaux sont à l’étude, comme les nanotubes de carbone ou le disulfure de molybdène.

Enfin de grands espoirs sont attendus avec l’informatique quantique qui permet de réaliser en 3 minutes un calcul qui prend 10 000 ans à un supercalculateur classique. La voie est donc ouverte à de grandes possibilités ●

PS: Pour en savoir un peu plus sur les processeurs.